Collection La Nouvelle Athènes – dépôt à la Fondation Royaumont

Piano à queue Johann Baptist Streicher, n°4032, Vienne 1847

Caisse en acajou, 7 octaves La – la, tri-cordes, mécanique viennoise,

garniture des marteaux en cuir. 2 pédales : una corda, forte

242 cm long*140cm large* 46 cm haut 300kg

 

DON DE LA FONDATION L’OR DU RHIN

Johann Baptist Streicher était (avec Conrad Graf jusqu’en1841) le facteur de pianos le plus illustre de Vienne. Ce piano est de mécanique viennoise (frappe des cordes par dessous, en prise directe avec la touche, ce qui impose au pianiste un contrôle très fin de son toucher). Cependant, Johann Baptist Streicher a inventé aussi plusieurs types d’instruments avec des mécaniques anglaises, des mécaniques anglo-viennoises, en frappant les cordes par au-dessus.

Johann Baptist Streicher - le fils des facteurs Andreas et Nanette Streicher -, devint associé à leur activité en 1823.Nannette Streicher était la fille de Johan Andreas Stein d’Augsbourg qui produisit les premiers pianofortes qui séduisirent Mozart. Andreas Streicher et Johann Baptist Streicher travaillèrent avec Beethoven, notamment pour la conception d'une machine auditive installée sur ses pianos.

« Un Piano classique et romantique, par Sally Sargent »

« Ce piano est une merveille absolue. Il a été construit par Johann Baptist Streicher en 1847.

Il s’inscrit dans une filiation de 3 générations de facteurs de pianos à Vienne depuis 1802 à 1896. Johann Baptist est reconnu pour ses nombreuses innovations concernant la production du son à travers des procédés techniques et l’usage des matériaux.

 

La beauté de ce piano est qu’il possède des caractéristiques à la fois classiques et romantiques.

D’une part, cet instrument de mécanique traditionnelle viennoise avec des peaux couvrant les marteaux et une profondeur de touche très faible (4 à 5 mm) se tourne vers le passé en choisissant ce son chantant magnifiquement clair et objectif avec beaucoup de nuances de couleurs.

D’autre part, ce piano regarde vers le futur avec un son de basse très riche et un désir de fusion et mélange du son. Ainsi, le ou la pianiste se sentira en adéquation avec les partitions non seulement de Beethoven mais aussi avec Schumann, Chopin et Liszt.

C’est un terrain d’expérimentation pour le ou la pianiste qui doit trouver à travers son interpretation le bon langage sur le moment.

 

La mère de Johann Baptist Streicher – Nannette Streicher (née Stein) – fondatrice de la marque, amie de Beethoven- , écrit que pour un public viennois, la qualité la plus appréciée était la capacité à chanter délicatement des pianissimi.

 

Les caractéristiques sonores des pianos Streicher étaient très admirées par beaucoup de pianistes dont Clara Schumann et Liszt. Ce fut le fils de Johann Baptist Streicher – Emil – qui fournit à Johannes Brahms un piano à cordes parallèles en 1868 avec une mécanique viennoise que Brahms jouait dans sa salle de musique jusqu’à la fin de sa vie. »

 

Sally Sargent, pianiste et professeur réputée, assistante de Paul Badura Skoda à l’Université de Vienne.

Elle a écrit l’article sur le Toucher dans The New Grove Dictionary of Music and Musicians. Membre de La Nouvelle Athènes

http://www.sallysargent.com