5 CONCERTS, 5 PIANISTES POUR DECOUVRIR LES RICHESSES DE LA FACTURE ERARD EN 1806

7 février Salle Cortot 20h -

Dans les salons parisiens sous le Premier Empire

P.Kuijken, E.Orzaiz, L.Montebugnoli & Ensemble Hexameron .

8 février Reid Hall

17h30 - Pianistes parisiens sous l’empire;  Daria Fadeeva

20h30 - La facture Erard : Dussek, Beethoven et Adam ; Piet Kuijken

9 février Reid Hall

15h30 - Concert lecture Hélène de Montgeroult; B.Harlé, J.Dorival

17h30 - La sonate avec accompagnement de violon; E.Orzaiz, M.Ramirez

Vendredi 7 février 2020, 20h - Salle Cortot

Dans les salons parisiens sous le premier Empire

20h : Présentation de la restauration du Piano Carré Erard 1806 par le maître d’Art Christopher Clarke, Luca Montebugnoli, Aurélien Delage et Sylvie Brély

Jan Ladislav Dussek : Sonate op.39 nr. 1 en sol Majeur

Louis Adam: “Pastorale”tirée de La Méthode de piano du Conservatoire (1804)

Ludwig Van Beethoven:  Bagatelle WoO52 en do mineur : “Presto”, Allegretto WoO53 en do mineur, Rondo Op.51 nr.2 en sol Majeur

Piet Kuijken, piano

Hélène de Montgeroult (1764 – 1836) : Sonate op.2 n° 3 pour piano avec accompagnement de violon Eloy Orzaiz, piano et Marta Ramirez violon

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W. A. Mozart/L. W. Lachnith (arr.) : extraits des Mystères d’Isis (ouverture et Airs en français arrangés de La Clémence de Titus, La Flûte Enchantée, Don Giovanni)

J. L. Dussek : Trio op. 65 (Largo) pour piano, flûte et violoncelle

F. Hérold : Romance du Troisième Concerto pour pianoforte

W.A. Mozart (Arrangement Kalkbrenner) Concerto KV 503 Rondo, Allegro

D. Steibelt : Fantasia pour piano sur le choeur des Mystères d’Isis (Soyez sensibles)

Ensemble Hexameron, Luca Montebugnoli piano et direction

Nicolas Bouils, flûte Roldán Bernabé, violon Amaryllis Jarczik, violoncelle

Marianne Croux, soprano

Ce concert d’inauguration du piano carré Erard 1806 restauré par le Maître d'Art Christopher Clarke, réunit Piet Kuijken (pianiste professeur au Conservatoire Royal de Bruxelles) et deux anciens élèves d’Edoardo Torbianelli : Eloy Orzayz et Luca Montebugnoli (pianiste, doctorant à l’institut Orpheus de Gant), tous trois désireux de faire partager leurs explorations des répertoires fondateurs du langage pianistique romantique.

Ce piano était le roi des salons du premier empire chez Joséphine ou chez les particuliers, on y accueillait les pianistes "stars" le bohémien Dussek, le prussien Steibelt tout comme Hélène de Montgeroult alors première femme professeur au Conservatoire de Paris ainsi que Louis Adam. Avec "Les Mystères d'Isis", une véritable Mozartmania se répandit de l'Opéra aux salons; on y jouait des arrangements d'airs de La Flûte Enchanté, de La Clémence de Titus, Don Giovanni. A Vienne, Beethoven découvrait les innovations qu'apportaient ce piano Erard.

Cette soirée vous fait partager cette effervescence.

Samedi 8 février 2020, 17h30 - Reid Hall

Concert « Pianistes parisiens sous l’empire» 

Daria Fadeeva, piano Erard 1806 prof. CRRVersailles et Cergy Pontoise

Louis-Joseph-Ferdinand Hérold (1791 – 1833) : sonate op.3 n°1 en la majeur

Hélène de Montgeroult  (1764 – 1836) : Sonate op.5 n°3 en fa dièse mineur

Etienne-Nicolas Méhul (1763 – 1817)– Sonate op.1 n°1 en ré majeur

Hyacinthe Jadin (1776 – 1800) : sonate op.4 n°3 en do dièse mineur

F.Hérold : Rondeau turc op.47

Ce concert propose de découvrir des pièces de quatre compositeurs emblématiques d’une période transformée par la Révolution Française, le Premier Empire et la Restauration, riche en bouleversements, autant politiques qu’esthétiques. Hérold, Montgeroult, Méhul, Jadin font partie des premiers professeurs du tout nouveau Conservatoire de musique de Paris fondé en 1795.  Ils participent au changement de paradigme de l’époque. Les concerts deviennent accessibles à un large public, le style classique va rapidement laisser place aux prémices du romantisme et le clavecin est délaissé au profit du pianoforte. De nombreux compositeurs et pianistes français vont s’imposer dans le paysage musical de cette époque et nous laisser un important répertoire pour le piano. Très peu jouées et éditées aujourd’hui, ces œuvres, d’une grande sensibilité, pleines d’audace et de vivacité, sont le témoignage d’une période fugace mais fondatrice dans l’histoire de la musique française du 19e siècle.

Samedi 8 février 2020, 20h30 - Reid Hall

Concert « La facture Erard :  Une sensibilité des claviers

Dussek, Beethoven et Adam  »

Piet Kuijken, piano Erard 1806, prof Conservatoire Royal de Bruxelles

Jan Ladislav Dussek  (1760- 1812): Sonate op.39 nr. 1 en sol Majeur

Louis Adam (1758 - 1848) : “Pastorale”tirée de La Méthode de piano du Conservatoire (1804)

Ludwig Van Beethoven (1770 - 1827) :  Bagatelle WoO52 en do mineur : “Presto”, Allegretto WoO53 en do mineur, Rondo Op.51 nr.2 en sol Majeur

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W.A. Mozart (1756 - 1791) : Sonate KV309 en do majeur (1777)

L.V. Beethoven: Sonate Op.14 nr.1 en mi majeur (1798-99) & 6 Bagatelles Op.126 (1823-24)

Alors que de nombreux pianistes tels que Dussek, Steibelt ou auparavant Mozart  parcouraient l'Europe pour y présenter leurs oeuvres sur les pianos spécifiques à chaque ville, Beethoven s'est attaché à la facture viennoise Walter, Streicher ou Graf tout en s'intéressant aux instruments étrangers arrivés à Vienne. En 1802, son maître Joseph Haydn recevait un magnifique piano à queue de Sébastien Erard aux jeux et à la mécanique très différente. Beethoven en commanda.

L'exploration de ces autres mondes sonores (résonance, una corda...) ne le laissa aussi certainement pas indifférent. Le piano carré Erard par sa sensibilité, ne favorise pas les grandes sonates de Beethoven dans leur dynamique et richesse orchestrale, mais - étant miniature lui-même -  devient certainement un instrument idéal pour le détail et les sonorités raffinées. Aux côtés de sonates légères et des Bagatelles op.126 de Beethoven, Mozart et Adam restituront l'esprit des salons parisiens où des femmes pianistes telles que Montgeroult ou Wartel s'attachaient à faire connâître les maîtres "anciens"...

Dimanche 9 février 2020, 15h30 - Reid Hall

Concert - lecture

"l'évolution de écriture d'Hélène de Montgeroult parallèlement à celle du piano"

Jérôme Dorival musicologue & Bénédicte Harlé piano

Hélène de Montgeroult (1764 – 1836) 

Sonate n° 3 en fa mineur en deux mouvements, maestoso con espressione et allegro agitato
Sonate n° 6 en la mineur, adagio et vivace con espressione
Etudes n°38 en la mineur, n°41 en Mi bémol Majeur, 89 en la bémol mineur, 114 en fa mineur  et 55 en fa mineur

Hélène de Montgeroult fut l'une des premières professeurs de piano au Conservatoire de Paris. Elle sauva sa tête en improvisant sur la Marseillaise au clavecin pendant la révolution. Elle devint une des pianistes qui marquèrent l'école française avec notamment sa Méthode parue en 1820. Ce concert présentera cette personnalité hors du commun.

On tentera de montrer que l’écriture du piano vise à étoffer le son par rapport à ce qu’on faisait avec le clavecin, par différents moyens. L’étude 41 met en place un continuum sonore inconnu du style classique, tout à l’opposé de l’étude n°38. Le système de décalage des mains de l’allegro de la troisième sonate permet d’entretenir le son et créer une matière sonore spécifique au piano. L’écriture plus dépouillée dans l’étude n°89, est suscitée peut-être par la tonalité inusitée de la bémol mineur. La compositrice est fondamentalement à l’écoute du son de l’instrument, ce qui entraine chez elle une « stratégie du clavier » assez inusitée jusqu’alors : agrandissement de tessiture (étude n°76), apparition de la notation des pédales (étude n°114) etc.

Dimanche 9 février 2020, 17h30 - Reid Hall

Sonate avec accompagnement de violon, de Mozart, Dussek à Montgeroult

L'opéra au salon

Eloy Orzaiz piano, prof. Musik HochSchule de Francfort et Marta Ramirez violon, lauréats du Concours de Musique ancienne de York 2019 et de la Schola Cantorum Basiliensis

W.A.Mozart: Sonate KV 306, composée à Paris en novembre 1778

Hélène de Montgeroult: Sonate op.2 n°3

Jan Ladislav Dussek: Sonate op.5 n°2 Allegro, Sonate op.5 n°1 Andante, Rondo

W.A.Mozart : Sonate KV 379 composée à VIenne en 1781

Au tournant du XIXe siècle, la sonate pour piano avec accompagnement de violon est très présente dans les salons. Le violon accompagne, souligne les intentions musicales portées par le piano pour devenir par moment soliste. L'équilibre entre les deux instruments ne viendra que plus tard avec les dernières sonates de Mozart puis de Beethoven.